Thèmes de recherche.

Relations commerciales internationales.

Le rôle et les fonctions de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Défend-elle une conception "libérale" de l'échange commercial inspirée de la théorie des avantages comparatifs ou vise-t-elle à concilier les antagonismes d'États qui restent profondément marqués par des tendances mercantilistes ?

C'est la seconde option qui est juste ce qui invite à réviser la doctrine de l'OMC. La réciprocité, qui n'a pas de fondements dans l'économie classique permet pourtant d'obtenir le soutien politique nécessaire à l'ouverture. Cette conception conduit à approfondir le paradoxe suivant : le maintien de certaines dispositions protectionnistes tolérées par l'OMC (antidumping, clause de sauvegarde) permet-elle pas d'accélérer le processus d'ouverture en offrant une garantie, une sorte d'assurance, aux opinions publiques et aux groupes d'intérêt ?

Cette approche conduit à travailler sur les "nouvelles questions" : clause sociale, politiques de la concurrence, sécurité alimentaire,…

 Télécharger :

L'OMC et la mondialisation de l'économie (format pdf).

La clause sociale dans l'OMC : texte et annexe analytique.

2000, "Existe-t-il une théorie hétérodoxe du libre échange ?", Texte.

 2000, Faut-il laisser la Chine entrer dans l'OMC ?, Critique Internationale, Fondation Nationale des Sciences Politiques, n°7, avril, 30-37 Télécharger le texte. Accès à la revue Critique Internationale.

 

L'intégration régionale.

On assiste à une multiplication des accords d'intégration régionale : Alena, Mercosur, Union européenne. Cette évolution suscite des inquiétudes pour trois raisons :

1) Le gain d'efficacité n'est pas acquis (problématique effets de détournement-effets de création).

2) La constitution de "blocs" incite ceux-ci à mener des politiques protectionnistes prédatrices (théorie de la protection optimale).

3) Exception à la clause de la nation la plus favorisée, elle menace le multilatéralisme qui en a fait son principe de base dans l'OMC.

Ces approches décrivent mal la réalité : l'existence d'effets de détournement est d'autant moins avérée que les zones concernent des pays voisins "naturellement" incités à échanger.

Loin de durcir leur politique commerciale, les zones, comme l'Union européenne, ont plutôt accompagné l'approfondissement de leur intégration par la libéralisation des échanges.

Enfin, l'adhésion au multilatéralisme apparaît le plus souvent comme un préalable à l'intégration régionale.

En réalité, les accords n'ont pas seulement pour fonction de libéraliser les échanges, mais également de favoriser une intégration institutionnelle (politique de la concurrence, normes, droit du travail, propriété intellectuelle, investissements,…) au-delà de ce que le multilatéralisme permet.

Au-delà, l'intégration régionale permet de fournir es biens publics, inaccessibles au niveau multilatéral et plus efficaces ou moins coûteux que les seuls biens publics nationaux.

Télécharger :

La régionalisation est-elle une hérésie économique ? 6° Congrès de l'Association française de Sciences Politiques, (28/9-1/10/99, IEP Rennes). Télécharger le texte (pdf).

L'intégration entre pays inégalement développés dans la régionalisation de l'économie mondiale. Une analyse comparative, rapport de synthèse final, Commissariat Général du Plan, novembre 1996, 126 pages. Télécharger le document (.pdf).

 

Économie industrielle internationale.

Dans les années 1980, la théorie du commerce international a été renouvelée grâce aux apports de l'économie industrielle. Elle a permis d'intégrer l'imperfection des marchés dans l'analyse.

Néanmoins, la littérature a privilégié les structures de concurrence monopolistique où, à l'équilibre, les sur-profits sont ramenés à 0. L'ouverture, en mettant les firmes nationales en concurrence avec les firmes étrangères, renforce la plausibilité de cette annulation des sur-profits.

Or le maintien de sur-profits positifs dans les oligopoles et les monopoles imparfaitement contestables pose le problème de la distribution interne des profits (rente des entrepreneurs, rente salariale) ou externe (transfert de surplus des consommateurs du pays A consommateur vers le pays B producteur) et remet en cause le caractère mutuel des gains de l'échange. Cette situation, qui a fondé la théorie de la politique commerciale stratégique (mais dans une interprétation trop centrée sur les politiques commerciales) conduit à la mise en évidence du dilemme des politiques de la concurrence puisque si, sur le plan interne, ces sur-profits sont socialement inefficaces (production de dessous des capacités, spoliation du consommateur), les exportations sont susceptibles d'améliorer le bien-être national au détriment, le cas échéant, des pays importateurs et du bien-être mondial.

Cette problématique ouvre la voie à une réflexion sur la multilatéralisation des règles de concurrence.

1997, Choix de la politique commerciale dans le cas de la concurrence imparfaite, Commissariat Général du Plan. Télécharger le document (.pdf)

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